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Microsoft 365 : ce qui change en entreprise le 1er septembre

Articles

Avis de tempête. Depuis le 1er septembre, Microsoft modifie à l’échelle globale les méthodes de double authentification autorisées sur les environnements Microsoft 365 en entreprise. Si le bien-fondé de cette modification ne peut pas être remis en cause, la méthode, elle, interroge une fois de plus. Car elle va bousculer bon nombre d’habitudes. Avec un objectif clair : supprimer à terme le recours aux mots de passe. Décryptage.

La nouvelle a fait du bruit. En tout cas chez ceux qui l’ont reçue. On peut en effet s’étonner du court délai entre l’annonce de Microsoft et son application, tout autant que de son timing, en plein été. Et particulièrement sur un sujet plus que sensible : l’authentification dans Microsoft 365. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

Les bonnes vieilles méthodes des temps anciens

Si vous êtes un utilisateur de Microsoft 365 en entreprise, vous êtes certainement confronté à la double authentification (MFA, Multi-Factor Authentication). Chez Steel Blue, elle est en tout cas systématisée pour tous nos clients. Cela consiste à ajouter un second facteur, en plus de votre mot de passe préféré. Historiquement, Microsoft avait mis à disposition de nombreux moyens pour assurer cette vérification supplémentaire :

  • Envoi d’un SMS
  • Appel sur votre mobile
  • Utilisation d’une application dédiée sur votre smartphone (Microsoft Authenticator, Google Authenticator)
  • Clé physique au format USB (avec code PIN ou capteur biométrique)

Parmi ces méthodes, certaines sont plus fiables que d’autres. La possession d’un appareil personnel (smartphone, clé d’authentification) limite en effet les possibilités de piratage par récupération d’identifiants (phishing). Alors que l’envoi de SMS ou les appels téléphoniques sont bien plus exposés à ce risque. Non pas qu’il soit simple de pirater un opérateur mobile pour intercepter des messages ou des appels, mais envoyer des SMS ou passer des coups de fil en se faisant passer pour lui, oui.

Microsoft 365 se renforce en entreprise

Si Microsoft avait déjà dans le passé envoyé des signaux qui remettaient en cause la protection de ces méthodes, aucune décision drastique n’avait été prise à leur encontre. Jusqu’à cet été, où le géant de Redmond a annoncé la fin du support de ces méthodes comme moyen de double authentification. Avec un calendrier relativement serré :

  • Dès le 1er septembre 2026, les utilisateurs se servant encore des appels ou des SMS devront créer des clés numériques pour les remplacer (les fameuses « Passkeys », nous y reviendrons), mais ces anciennes méthodes resteront opérationnelles
  • Dès le 1er février 2027, SMS et appels ne seront plus supportés par Microsoft, et leurs utilisateurs auront l’obligation de passer par une « Passkey » ; en l’absence de celle-ci, l’authentification ne sera tout simplement plus possible
  • Dès le 1er février 2027 toujours, les clients auront la possibilité de souscrire directement auprès d’un opérateur un abonnement pour continuer de recevoir appels et SMS, mais à leurs frais cette fois-ci

Outre l’apport sécuritaire de cette mesure, on imagine évidemment que Microsoft cherche à faire coup double. Car d’un point de vue financier, l’opération se révélera rentable. En effet, l’envoi des SMS ou l’émission des appels téléphoniques n’avait jamais été facturé au client par Microsoft, qui en supportait seul les coûts. Avec la multiplication des méthodes MFA et leur sécurisation, Microsoft fait donc des économies au prétexte — avéré — d’un renforcement de la sécurité. Malin.

Le plus amusant, c’est que les clients pourront continuer à utiliser ces méthodes risquées : cela devient acceptable si Microsoft n’en supporte pas le coût… Pour être honnête, on peut imaginer que c’est une porte de sortie, certes intéressante financièrement, laissée aux très grandes entreprises qui n’auront pas suffisamment de temps pour se préparer à ce changement.

Objectif : zéro mot de passe

On l’aura compris, Microsoft renforce donc la sécurité de Microsoft 365 tout en faisant les fonds de tiroir. Avec pour objectif de nous amener un peu plus près encore d’un monde sans mot de passe. Car le vrai but de la manœuvre est bien là. Si la société a réussi à imposer Microsoft Authenticator comme l’outil de référence pour la double authentification, puis à y ajouter des fonctions d’authentification sans mot de passe, la mise à jour qui nous préoccupe maintenant en rajoute une couche.

Ce sont les Passkeys que le leader mondial du logiciel tente maintenant de mettre en avant. Ou plutôt, sa version des Passkeys. Ces clés numériques établissent une relation entre votre appareil et un site Web ou une application, évitant après leur création toute saisie de mot de passe. Qu’elles remplacent par une authentification tierce — biométrique par exemple —. Elles reposent sur des standards logiciels qui ont été normalisés par l’alliance FIDO2, dont Microsoft fait partie. Si bien que de nombreux fournisseurs sont capables de gérer les Passkeys. Microsoft, fort de sa base de clientèle incomparable, tente de couper l’herbe sous le pied de ses concurrents, alors même qu’il n’a pas d’avantage technologique en la matière.

En surfant sur le ras-le-bol généralisé contre les mots de passe, Microsoft profite de sa position dominante avec Authenticator pour aller encore un peu plus loin. Et en contournant la contrainte des Passkeys : devoir générer sur chaque appareil une clé pour chaque application à laquelle vous vous connectez, comme avec Windows Hello sur PC par exemple. En effet, quel que soit le terminal utilisé — votre smartphone, votre PC — vous disposez dans Authenticator de la possibilité de scanner un QR code avec votre mobile et d’utiliser une seule Passkey par site.

Les Passkeys comme arme ultime ?

Pour quels avantages ? Vous utilisez votre téléphone comme clé Passkey universelle en profitant de ses capacités biométriques — reconnaissance faciale ou empreinte digitale — pour protéger l’accès à vos identifiants. En cas de remplacement de votre PC, vous n’avez alors pas à reconfigurer une Passkey pour chacun de vos sites compatibles. Microsoft pousse donc le curseur un peu plus loin et nous fait miroiter un monde sans mot de passe pour bientôt. Une analyse rapide des capacités de chaque méthode conclut en ce sens :

  • MFA
  • Phishing
  • Passwordless
  • Biométrie
  • Centralisé
  • SMS
  • Non
  • Non
  • Non
  • Non
  • Appel
  • Non
  • Non
  • Non
  • Non
  • WinHello
  • Oui
  • Oui
  • Oui
  • Non
  • Passkey
  • Oui
  • Oui
  • Oui
  • Non
  • Authenticator
  • Oui
  • Oui
  • Oui
  • Oui

 

En attendant ce temps béni, vous devrez cependant remiser l’usage des SMS et des appels vocaux pour vous identifier. Et vite, car la limite imposée dès le début 2027 sera rapidement là. En espérant que votre prestataire IT aura préparé les choses correctement. C’est tout ce qu’on peut vous souhaiter pour faire face à ce changement majeur.

9 septembre 2026
https://www.steel-blue.ch/wp-content/uploads/2026/09/microsoft-365-entreprise.png 941 1672 Emmanuel Dardaine https://www.steel-blue.ch/wp-content/uploads/2019/02/logo_steel_blue-1.svg Emmanuel Dardaine2026-09-09 18:31:112026-09-09 18:33:40Microsoft 365 : ce qui change en entreprise le 1er septembre

Poste de travail virtuel : Azure Virtual Desktop surclasse Terminal Services

Articles

Dans le monde professionnel, le poste de travail virtuel n’est pas une nouveauté.  Pendant des décennies, Microsoft a développé Terminal Services, son composant de virtualisation de l’environnement Windows. Centralisée et sécurisée, cette solution n’a cessé d’évoluer et de s’améliorer. Tout en exigeant tout de même une infrastructure imposante, coûteuse et complexe à gérer. Mais ça c’était avant. Avant Azure Virtual Desktop.

Dans bien des secteurs d’activité, mettre en place des sessions Windows sur des serveurs centraux est plus qu’une évidence, c’est une nécessité. En effet, le poste de travail virtuel adresse naturellement de nombreuses problématiques telles que la protection des données et l’uniformisation des environnements. Pour les entreprises comptant plusieurs centaines d’utilisateurs, Terminal Services de Microsoft s’avérait donc bien plus évident à gérer que des postes individuels répartis aux quatre coins du pays.

Accédées via des terminaux légers facile à déployer et à gérer, et peu coûteux, ces sessions Windows virtuelles auraient donc été la panacée pour les grandes entreprises ? Oui et non. Car si la solution est plus que séduisante sur le papier, elle impose tout de même quelques contraintes. Et non des moindres. D’une part, les compétences requises pour installer et exploiter Terminal Services sont probablement au-delà de la moyenne. Tout comme les ressources nécessaires pour faire tourner cette machinerie. Serveurs, licences, stockage : tout doit être dimensionné généreusement. Avec des conséquences évidentes sur le budget.

AVD : la version Cloud de Terminal Services

Ce positionnement excluait de facto l’accès à cette technologie aux petites entreprises, dont les moyens IT sont naturellement plus réduits que dans les grands groupes. Mais pour autant, les besoins de ces TPE demeurent. Elles sont en effet encore nombreuses à avoir besoin d’héberger des applications centralisées, pour des fonctions de support ou des programmes « métier ». Et c’est là, avec l’avènement du Cloud, qu’intervient Azure Virtual Desktop.

Dans son effort continu de « cloudifier » ses services et applications, Microsoft a déployé une version hébergée dans Azure de Terminal Services. Appelée Azure Virtual Desktop – ou AVD -, cette version dans les nuages permet de faire abstraction de toute l’infrastructure nécessaire et des compétences pour la gérer. Tout en apportant des fonctions avancées. Parmi celles-ci, la possibilité de mettre à disposition une session complète – avec son bureau, ses programmes, ses fichiers – ou seulement une application. Ou encore, la capacité de déployer des serveurs supplémentaires tout au long de la journée pour s’adapter à l’activité et à la demande des utilisateurs.

Cette dernière fonction tire complètement avantage du Cloud. Là où la gestion des pics de charge par une version de Terminal Services installée sur site aurait requis la mobilisation de machines physiques chez le client, Azure Virtual Desktop déploie des serveurs virtuels à la demande sans qu’aucun investissement matériel ne soit nécessaire. Il n’y a ainsi qu’à définir les seuils d’ajout de serveurs et laisser faire le système pour absorber les pointes d’activité.

Poste de travail virtuel : des coûts sous contrôle

Cette fonctionnalité a donc un intérêt technique tout autant que financier. Elle permet non seulement d’améliorer la qualité de service en évitant la surcharge des serveurs qui hébergent les sessions Windows. Mais elle assure aussi l’optimisation de l’usage des ressources au moment où elles sont nécessaires. Autrement dit, au lieu de voir large – mais jamais assez -, vous visez juste en permanence en ne supportant les coûts importants que quand c’est nécessaire et en les réduisant dès que possible.

Et pour quel coût justement ? Rien d’autre que les coût des serveurs qui hébergent les sessions. C’est là qu’Azure Virtual Desktop surclasse définitivement Terminal Services. Car AVD n’est finalement qu’une option à la location d’un serveur dans Microsoft Azure. Les fonctions de gestion de la charge et de déploiement automatique des serveurs sont une option offerte et gérée par Microsoft. Qui y trouve son intérêt en annihilant les réticences à consommer des ressources. En d’autres termes : sans surcoût pour bénéficier des services, vous êtes plus facilement incité à les souscrire.

AVD : le symbole d’un marché en mutation

Résumons. Hier, vous deviez acheter des serveurs en nombre suffisant pour déployer une pile complexe de logiciels et en assurer la maintenance. Aujourd’hui, vous configurez un service en ligne sans coût de licence tout en déployant des machines virtuelles. Et ceci uniquement pour le temps où elles sont nécessaires, sans engagement sur la durée. Tout ça est forcément trop beau, et il doit y avoir un loup. Vous n’avez pas tort, mais ça n’est pas ce que vous pensez.

Le réel danger réside dans la dépendance à Microsoft. Là où des acteurs historiques – Citrix par exemple – voient leur technologie vieillir et devenir progressivement obsolète, Microsoft gomme avec AVD les dernières lacunes de son service de poste de travail virtuel. Certains pourraient se plaindre de la technologie sous-jacente, aussi âgée que Terminal Services. Mais elle aussi a évolué, en bien. Et Microsoft finit d’enfoncer le clou avec Windows App, le client universel qui permet d’accéder à AVD depuis n’importe quel appareil.

Microsoft ne laisse finalement que des miettes à ses concurrents en capitalisant sur un produit développé de longue haleine, au fil du temps. Et en pariant sur une transition dans le Cloud qui apporte la dose de modernité et de fonctionnalités qui lui manquait. Ajoutez à cela la fiabilité, une gestion intégrée dans une console moderne, la maîtrise des coûts, et on pourrait rapidement considérer que le match est plié. Ca n’est pas totalement faux.

8 septembre 2026
https://www.steel-blue.ch/wp-content/uploads/2026/09/poste-travail-virtuel.png 1024 1536 Emmanuel Dardaine https://www.steel-blue.ch/wp-content/uploads/2019/02/logo_steel_blue-1.svg Emmanuel Dardaine2026-09-08 14:36:062026-09-08 16:42:10Poste de travail virtuel : Azure Virtual Desktop surclasse Terminal Services

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