Poste de travail virtuel : Azure Virtual Desktop surclasse Terminal Services

Dans le monde professionnel, le poste de travail virtuel n’est pas une nouveauté.  Pendant des décennies, Microsoft a développé Terminal Services, son composant de virtualisation de l’environnement Windows. Centralisée et sécurisée, cette solution n’a cessé d’évoluer et de s’améliorer. Tout en exigeant tout de même une infrastructure imposante, coûteuse et complexe à gérer. Mais ça c’était avant. Avant Azure Virtual Desktop.

Dans bien des secteurs d’activité, mettre en place des sessions Windows sur des serveurs centraux est plus qu’une évidence, c’est une nécessité. En effet, le poste de travail virtuel adresse naturellement de nombreuses problématiques telles que la protection des données et l’uniformisation des environnements. Pour les entreprises comptant plusieurs centaines d’utilisateurs, Terminal Services de Microsoft s’avérait donc bien plus évident à gérer que des postes individuels répartis aux quatre coins du pays.

Accédées via des terminaux légers facile à déployer et à gérer, et peu coûteux, ces sessions Windows virtuelles auraient donc été la panacée pour les grandes entreprises ? Oui et non. Car si la solution est plus que séduisante sur le papier, elle impose tout de même quelques contraintes. Et non des moindres. D’une part, les compétences requises pour installer et exploiter Terminal Services sont probablement au-delà de la moyenne. Tout comme les ressources nécessaires pour faire tourner cette machinerie. Serveurs, licences, stockage : tout doit être dimensionné généreusement. Avec des conséquences évidentes sur le budget.

AVD : la version Cloud de Terminal Services

Ce positionnement excluait de facto l’accès à cette technologie aux petites entreprises, dont les moyens IT sont naturellement plus réduits que dans les grands groupes. Mais pour autant, les besoins de ces TPE demeurent. Elles sont en effet encore nombreuses à avoir besoin d’héberger des applications centralisées, pour des fonctions de support ou des programmes « métier ». Et c’est là, avec l’avènement du Cloud, qu’intervient Azure Virtual Desktop.

Dans son effort continu de « cloudifier » ses services et applications, Microsoft a déployé une version hébergée dans Azure de Terminal Services. Appelée Azure Virtual Desktop – ou AVD -, cette version dans les nuages permet de faire abstraction de toute l’infrastructure nécessaire et des compétences pour la gérer. Tout en apportant des fonctions avancées. Parmi celles-ci, la possibilité de mettre à disposition une session complète – avec son bureau, ses programmes, ses fichiers – ou seulement une application. Ou encore, la capacité de déployer des serveurs supplémentaires tout au long de la journée pour s’adapter à l’activité et à la demande des utilisateurs.

Cette dernière fonction tire complètement avantage du Cloud. Là où la gestion des pics de charge par une version de Terminal Services installée sur site aurait requis la mobilisation de machines physiques chez le client, Azure Virtual Desktop déploie des serveurs virtuels à la demande sans qu’aucun investissement matériel ne soit nécessaire. Il n’y a ainsi qu’à définir les seuils d’ajout de serveurs et laisser faire le système pour absorber les pointes d’activité.

Poste de travail virtuel : des coûts sous contrôle

Cette fonctionnalité a donc un intérêt technique tout autant que financier. Elle permet non seulement d’améliorer la qualité de service en évitant la surcharge des serveurs qui hébergent les sessions Windows. Mais elle assure aussi l’optimisation de l’usage des ressources au moment où elles sont nécessaires. Autrement dit, au lieu de voir large – mais jamais assez -, vous visez juste en permanence en ne supportant les coûts importants que quand c’est nécessaire et en les réduisant dès que possible.

Et pour quel coût justement ? Rien d’autre que les coût des serveurs qui hébergent les sessions. C’est là qu’Azure Virtual Desktop surclasse définitivement Terminal Services. Car AVD n’est finalement qu’une option à la location d’un serveur dans Microsoft Azure. Les fonctions de gestion de la charge et de déploiement automatique des serveurs sont une option offerte et gérée par Microsoft. Qui y trouve son intérêt en annihilant les réticences à consommer des ressources. En d’autres termes : sans surcoût pour bénéficier des services, vous êtes plus facilement incité à les souscrire.

AVD : le symbole d’un marché en mutation

Résumons. Hier, vous deviez acheter des serveurs en nombre suffisant pour déployer une pile complexe de logiciels et en assurer la maintenance. Aujourd’hui, vous configurez un service en ligne sans coût de licence tout en déployant des machines virtuelles. Et ceci uniquement pour le temps où elles sont nécessaires, sans engagement sur la durée. Tout ça est forcément trop beau, et il doit y avoir un loup. Vous n’avez pas tort, mais ça n’est pas ce que vous pensez.

Le réel danger réside dans la dépendance à Microsoft. Là où des acteurs historiques – Citrix par exemple – voient leur technologie vieillir et devenir progressivement obsolète, Microsoft gomme avec AVD les dernières lacunes de son service de poste de travail virtuel. Certains pourraient se plaindre de la technologie sous-jacente, aussi âgée que Terminal Services. Mais elle aussi a évolué, en bien. Et Microsoft finit d’enfoncer le clou avec Windows App, le client universel qui permet d’accéder à AVD depuis n’importe quel appareil.

Microsoft ne laisse finalement que des miettes à ses concurrents en capitalisant sur un produit développé de longue haleine, au fil du temps. Et en pariant sur une transition dans le Cloud qui apporte la dose de modernité et de fonctionnalités qui lui manquait. Ajoutez à cela la fiabilité, une gestion intégrée dans une console moderne, la maîtrise des coûts, et on pourrait rapidement considérer que le match est plié. Ca n’est pas totalement faux.

A propos de l'auteur