Poste virtuel Cloud vs. PC traditionnel : le comparatif définitif
Le poste virtuel Cloud a fait une percée remarquable dans le monde professionnel depuis quelques années. Pour autant, il ne convient pas à tous les usages. Tout en offrant des qualités spécifiques qui lui donnent quelques avantages de taille. Voici donc un petit manuel à l’attention de ceux qui hésitent encore, à l’heure du choix.
Même si nous sommes de fervents défenseurs du poste de travail virtuel Cloud, nous nous devons d’être objectifs. Notre devoir de conseil nous impose d’orienter les clients vers la solution qui répondra à leur besoin. D’ailleurs, nous pouvons tout autant fournir cette solution que gérer des ordinateurs traditionnels. Le choix en la matière est donc une question de nuance. Voire de panachage, puisque l’un et l’autre ne sont pas incompatibles, mais complémentaires. Voyons en quoi.
Petit rappel technique
Si cela peut paraître évident à certains, il me semble qu’il n’est pas inutile de rappeler en quoi consiste un poste de travail virtuel dans le Cloud. Basiquement, il s’agit d’un ordinateur distant, hébergé dans un centre de données Cloud, sur lequel vous ouvrez une session de travail avec une application. Application chargée de transmettre l’affichage de la session distante sur l’appareil où elle tourne, et les ordres (clavier, souries) vers l’ordinateur distant.
Sur votre ordinateur local, vous disposez donc à la fois d’une session qui l’est tout autant, et d’une session distante qui apparait dans une fenêtre. Notez que la connexion peut être réalisée au travers d’un appareil appelé client léger, tel que l’excellent Windows 365 Link. Ce dispositif permet de se passer d’un ordinateur local, pour une fraction du prix et de la consommation électrique.
Cas d’usage
Maintenant que les bases sont posées, énumérons les cas d’usage qui conviennent particulièrement au poste virtuel. Sa localisation dans un centre de données protégé ainsi que sa persistance dans le temps et la possibilité de s’y connecter depuis plusieurs appareils lui confèrent des atouts sérieux :
- La perte ou le vol sont impossibles : le poste virtuel est donc un vecteur de protection des données de l’entreprise
- Vous disposez d’un environnement unique pour le travail professionnel ; le poste virtuel vous évitera de maintenir à jour plusieurs sessions (fixe, laptop) ce qui est appréciable si vous exploitez des applications lourdes ; autrement dit vous retrouvez toujours la même session et vous limitez la maintenance
- La fiabilité est maximale, et même en cas de panne, il suffit de reprendre l’image de la veille pour retrouver votre poste tel qu’il était
- L’adaptabilité et la flexibilité sont au rendez-vous : vous changez de puissance, à la hausse ou à la baisse, en quelques minutes, sans devoir racheter de matériel
- La connexion directe dans le Cloud lui octroie un niveau de performance extraordinaire, comme le montre cette capture d’écran de mon propre poste
Le poste virtuel Cloud est donc particulièrement approprié pour le télétravail, les environnements complexes avec de nombreuses applications installées, la protection avancée des données, ou lorsque la puissance et la vitesse de connexion sont des priorités.
Le PC n’est pas mort
Pour autant, le PC traditionnel n’est pas mort. Il a notamment pour lui d’être particulièrement à l’aise lorsque l’autonomie est nécessaire et que les sessions restent simples, faisant de cet appareil un consommable. Aussi, malgré la multiplication des environnements travail Cloud, le PC classique permet de travailler hors ligne, que ce soit pour modifier des fichiers localement (quitte à les synchroniser ensuite) ou rédiger des emails.
Le PC tel que nous l’avons toujours connu est donc toujours un premier choix dans certains cas :
- Il est idéal en déplacement lorsque la connexion se fait faible ou inexistante, là où un poste Cloud est inaccessible hors ligne
- Il est adapté aux les environnements simples, avec des sessions légères qui ne réclament que quelques applications ; les outils de configuration automatique permettent alors de le paramétrer sans intervention manuelle
- Il permet la connexion de périphériques complexes, pas toujours supportés par les plateformes virtuelles
- Il reste plus souple pour la visioconférence, même si Windows 365 par exemple s’est amélioré de façon spectaculaire de ce point de vue
- Il offre moins de latence pour les flux audio et vidéo
Et côté porte-monnaie ?
Quel que soit le scénario pour lequel vous optez, votre arbitrage passera inévitablement par la case « finances ». A ce stade la comparaison est un peu plus complexe. Tout d’abord parce que vous ne pouvez pas acheter un porte virtuel Cloud : vous le louez. Les deux modèles – investissement vs. frais récurrents – s’affrontent ici.
Pour être réaliste, il convient donc d’étaler les dépenses dans le temps. Sur 3 ou 5 ans par exemple, en fonction de votre amortissement comptable. Et de calculer le coût total de possession de l’appareil. Ce coût sera largement influencé par les frais de mise en service d’une part, et les contrats de support du matériel d’autre part. Car si vous n’avez pas à supporter les pannes éventuelles de matériel d’un poste virtuel, il en va autrement d’un appareil physique.
Concernant la gestion, les outils prennent en charge aussi bien les postes physiques que les machines virtuelles. C’est donc blanc bonnet et bonnet blanc, et on mettra ces frais de côté (même si concrètement, entretenir un poste physique peut nécessiter de se déplacer).
Côté mise en service, l’avantage va au poste virtuel qui, avec un système d’image intégré, permet de déployer en l’espace de quelques minutes et sans intervention. Là où un poste physique demande des manipulations. On comptera donc 1 heure de mise en service pour l’’un, et 2 pour l’autre.
Conclusion
Concentrons-nous donc sur un poste standard Windows – avec 16GB de mémoire, et 256 GB de disque – et alignons les coûts. Côté processeur, on choisira une machine 4 vCPU Windows 365 pour le poste virtuel, et un laptop Dell classique à base d’Intel Core Ultra 7 (réf. FF9PD9) pour le poste physique, avec son support sur site Dell (réf. DPNL5_1OS3PSP).
- Critère
- Coût du matériel (HT)
- Contrat de support (HT)
- Mise en service
- Total 3 ans
- Poste virtuel
- 55.30 /mois
- 0.00
- 179.00
- 2’169.00
- Poste physique
- 1’495.84
- 285.85
- 358.00
- 2’139.69
A la lumière de ces chiffres, quelques tendances se dégagent :
- Le coût de possession sur 3 ans est équivalent
- Le coût du support matériel n’est pas négligeable
- Le service est encore en faveur du poste virtuel, puisque le contrat de support matériel ne garantit une intervention que le jour suivant
Evidemment, il serait possible de faire quelques économies sur un poste ou sur un autre. Mais les grandes lignes sont là. Si une location de poste virtuel peut sembler chère de prime abord, un simple calcul permet d’arriver à des conclusions différentes. Si bien que l’arbitrage pourra se faire sur les seuls besoins des utilisateurs ou du dirigeant d’entreprise, en fonction des réalités du terrain ou du cahier des charges. Avec la possibilité de panacher les deux mondes, ce qui est finalement la meilleure des nouvelles.


