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Lancé en catimini en plein été, le dernier produit phare de Microsoft est une évolution de Windows Virtual Desktop. Il se veut être le premier Cloud PC. Si Microsoft est habitué à inventer des catégories pour s’autoproclamer leader en la matière, il faut reconnaître à ce produit bien des qualités. Même s’il n’est pas vraiment le premier du genre.

Drôle d’idée que de lancer un produit si marquant et structurant pour Microsoft dans la torpeur estivale. S’il était attendu par le monde IT, il fallait tout de même être attentif pour ne pas le rater. Le hasard du calendrier – ou pas – a fait que la concurrence (Amazon Web Services en l’occurrence) a lancé une nouvelle version de son propre produit à quelques jours d’intervalles. Ceci expliquant peut-être cela.

Un premier de la classe qui n’est l’est pas vraiment

Car non, malgré les affirmations de Microsoft, ils ne sont pas les premiers sur ce marché. Et ça n’est, pour tout dire, pas vraiment inhabituel. Dans bien des secteurs, le géant de Redmond est abonné aux retards à l’allumage. Passons sur la révolution Internet que Bill Gates avait sous-estimée dans les années 90. Plus proche de nous, l’émergence récente du Cloud n’a été prise au sérieux que tardivement, amenant Microsoft à accuser un retard conséquent sur les Google et autres AWS.

Sur le marché du poste virtuel Cloud à la demande, ou DaaSDesktop as a Service, Amazon Web Services tient la corde depuis plusieurs années avec AWS Workspaces. Fiable, facile à mettre en œuvre, gérable comme une machine physique, ce service a l’avantage de disposer de ressources dédiées et de ne pas déstabiliser les services informatiques habitués à gérer de larges parcs. A tel point que les quelques 8’000 sous-traitants de Google fonctionnent sur le Cloud PC d’Amazon, avec des machines reconstruites automatiquement toutes les 48 heures.

Microsoft n’est pas toujours le premier à se lancer. Mais sait rattraper son retard.

Microsoft, fidèle à ses habitudes, avait donc lancé un premier produit sans trop y croire. C’était en 2019, avec Windows Virtual Desktop. Cette solution permettait par défaut de déployer des pools de serveurs pour connecter à distance des utilisateurs sur des bureaux virtuels. Si les ressources étaient partagées, il était possible d’opter pour une option « dédiée », comme avec un ordinateur physique. Mais la déploiement – long, compliqué et hasardeux – avait eu raison des premiers utilisateurs téméraires. Et avait donné du grain à moudre aux détracteurs de Microsoft, qui pouvaient affirmer encore une fois qu’il fallait éviter une version sur deux des produits de l’éditeur.

Deux Cloud PC pour le prix d’un

Mais quand Microsoft se rate, il ne faut pas oublier qu’il s’agit du leader mondial du logiciel. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, on ne peut pas ignorer ses capacités technique et marketing à corriger ses erreurs et prendre pied sur un marché s’il y met les moyens. Windows Virtual Desktop n’a pas fait exception, et à peine lancé, Windows 365 déjà était dans les tuyaux. Le résultat est à l’opposé de la première mouture, et pour tout dire, c’est tout simplement bluffant.

Depuis Office 365, renommé entre temps Microsoft 365 au gré d’améliorations substantielles, Microsoft n’a cessé de s’implanter sur le Cloud public. Et de se perfectionner. Au point de faire du suffixe « 365 » une vraie marque de fabrique – une marque tout court, synonyme de fonctions avancées, de sécurité hors pair et de mise en œuvre simplissime. Windows 365 ne déroge donc pas à cette règle, et la renforce même.

L’accès au service passe par la souscription de licences mensuelles, attribuées aux utilisateurs. La connexion est alors on ne peut plus simple : il suffit de vous rendre sur windows365.microsoft.com. La sécurité est celle de votre compte Microsoft 365, et la double authentification est donc aussi de mise. Sans surcoût ni complexité supplémentaire. Vous tombez alors sur un bureau Windows classique et bien connu. Mais l’intérêt réel du produit est ailleurs.

Homogénéiser la gestion de parc, physique ou virtuel, est crucial, notamment pour garantir la sécurité des données.

Microsoft, qui édite aussi Windows 10, est le seul à être autorisé à faire fonctionner ce système sur des infrastructures Cloud partagées. Le Cloud PC Microsoft exploite donc Windows 10 Enterprise. Cela permet de supporter les outils de gestion des appareils intégrés à Microsoft 365. Et donc, d’installer, de configurer, de sécuriser, en un mot de gérer leur poste virtuel comme un autre appareil, avec les mêmes règles de sécurité, les mêmes applications.

Une expérience bluffante

A l’usage, vous ne faites donc absolument pas de distinction entre un PC physique et un Cloud PC. Et c’est là que se situe tout l’enjeu de l’adoption de cette technologie, et de son succès sur le marché. Si les utilisateurs ne font pas la différence, et que les administrateurs n’ont pas à changer leurs outils, la transition sera fluide et transparente. Le gain en sécurité et en mobilité, ainsi que la souplesse infinie fournie par ce type de solution, finiront probablement par séduire les plus sceptiques.

Reste à voir la fiabilité sur le long terme, et l’adéquation des tarifs avec ce marché. Sur ce dernier point, Microsoft s’est aligné sur la concurrence. Ce qui nous permettra de proposer un poste virtuel standard au tarif habituel de CHF 99.- /mois, service tout compris. Avec l’annonce récente de l’augmentation massive -10% ! – des tarifs de Microsoft 365, on les imaginait mal se tirer une seconde balle dans le pied.

Microsoft, qui avait longtemps rechigné à investir ce marché, a donc fait sa révolution culturelle. Car lancer son service de poste virtuel signifie à terme des ventes moindres de licences sur des postes physiques. Mais des parts de marché en hausse dans le secteur du Cloud. Et c’est bien ce que vise le numéro un mondial. Sans être partisan, on peut se laisser aller à dire que, cette fois-ci, c’est mérité.

Emmanuel Dardaine

emmanuel dardaine expert cloud

Le marché Cloud bruisse de rumeurs concernant le lancement imminent par Microsoft d’un nouveau produit : Cloud PC as a Service. Cette dénomination ne laisse planer aucun doute : il s’agit d’un poste de travail virtuel Cloud hébergé par le géant de Redmond. L’occasion de faire le point sur cette technologie en voie de franchir un nouveau palier.

Vous le savez, les postes virtuels sont un peu notre marotte. Nous vous en parlons régulièrement, car il s’agit pour les PME d’une alternative avantageuse aux postes physiques. Si Amazon Web Services domine ce marché, classé sous la dénomination DaaS – Desktop as a Service, la concurrence fourbit ses armes pour ne pas laisser la firme de Jeff Bezos occuper seule ce segment.

Il faut dire que le produit d’Amazon est particulièrement abouti, et a laissé sur place des concurrents bien plus prestigieux. C’est d’ailleurs la solution que nous privilégions pour nos clients, même ceux généralement sensibles du secteur de la finance, car il est stable, fiable, et parfaitement sécurisé. Pour ne rien gâcher, il est disponible sur à peu près n’importe quelle plateforme, et en quelques clics, ce qui le rend mobile par nature.

Si Microsoft a tenté de répondre il y a maintenant 18 mois avec la mise à disposition publique de son Windows Virtual Desktop, le marché a répondu mollement. Il faut dire que, fidèle à son habitude, le géant du logiciel a livré une première mouture du produit qui n’était ni simple à déployer et configurer, et dont l’administration et la gestion des coûts était chaotique. Autrement dit : pas vraiment fini. Une seconde version est d’ailleurs sortie assez rapidement, qui n’a que moyennement rectifié le tir.

Microsoft n’avait pas visé juste avec Windows Virtual Desktop. Mais la firme de Redmond est pleine de ressources… et de trésorerie : elle peut se permettre ce genre d’erreur.

Dans les faits, là où Amazon fourni une gamme de machines qui en sont vraiment – comprenez par-là qu’elles disposent de processeurs et de mémoire dédiés, Microsoft se reposait sur son infrastructure Azure pour déployer une usine à gaz et répartir un pool de ressources entre un nombre prédéfini d’utilisateurs. A l’extrême limite, il était possible de reproduire le modèle d’Amazon, mais avec des coûts sans rapport, et au prix d’un effort de configuration sans commune mesure.

100 fois sur le métier, Microsoft remet son ouvrage

On en était donc là il y a quelques semaines, avant que les rumeurs d’un produit équivalent, dénommé Cloud PC as a Service, ne refassent surface. Car ce produit a déjà été évoqué par le passé, sans qu’on n’en voie le bout du commencement d’une phase de test. Les choses semblent maintenant plus sérieuses, puisque les bruits de couloir se font plus insistants, et que Microsoft pourrait bien profiter de son grand événement annuel Ignite en Juillet pour lancer officiellement son nouveau produit.

Le timing, en dehors de coïncider avec un événement porteur pour l’éditeur, n’a probablement rien d’anodin. Amazon, pionnier du secteur, devrait annoncer prochainement une mise à niveau majeure de son AWS Workspaces, en déployant le service sur Windows 2019 Server. Les postes virtuels d’AWS sont en effet encore cantonnés sur Windows Server 2016, une version pas encore obsolète mais plus vraiment jeune, et qui souffre de quelques manques fonctionnels par rapport à Windows Server 2019, une version pas vraiment récente non plus.

Parti en tête depuis longtemps, AWS se devait de réagir

Amazon, qui a imprégné sa marque dans le monde du Cloud avec un développement produit débridé, n’a pas pour habitude de laisser ses solutions devenir obsolètes. Et pourtant, AWS Workspaces, qui est un des dix produits Amazon Web Services les plus vendus sur le continent américain, perdait gentiment de sa superbe en même temps que le temps passait. La faute probable à des discussions tendues avec Microsoft concernant les licences Windows qui équipent Workspaces.

Le temps était donc venu pour AWS d’accélérer la cadence, et de reprendre la main sur un marché qu’elle maîtrise. D’autant que la course pourrait ne pas s’arrêter à ces deux acteurs. OVH, le leader européen du Cloud, quoiqu’encore marqué par ses déboires récents, se tourne vers l’avenir.

OVH et Octave Klaba entrent dans la danse du poste virtuel Cloud

L’hébergeur français a racheté au début du mois Blade, la spécialiste du PC en ligne dédié aux jeux. Pour OVH, il s’agit d’un coup stratégique de premier plan pour acquérir une technologie qui pourrait bien lui permettre de monter aussi en gamme dans le monde du PC virtuel. Et proposer à terme ce type de service sur ses infrastructures.

Les acteurs du poste virtuel Cloud préparent une bataille qui aura pour enjeu la virtualisation du poste de travail

Le marché du poste virtuel Cloud est donc bel et bien en ébullition. Pour Microsoft, c’est une petite révolution. Son approche jusqu’alors consistait à adresser ce secteur en se basant sur Azure, son offre d’infrastructure Cloud à la demande. Cela permettait de ménager la part de l’entreprise dédiée aux postes de travail et à Windows 10.

En lançant Cloud PC as a Service, elle transfèrera à terme une partie de ses revenus liés aux licences Windows vendues au travers des fabricants de PC – Dell, HP, Lenovo et les autres – vers sa division Cloud. Avec de meilleures marges à la clé, dues à l’absence d’intermédiaires. Cette transition prendra du temps, mais elle est dans la veine du tournant qu’a pris Microsoft depuis maintenant plus de 10 ans avec ses offres Cloud : ne plus se cantonner au rôle d’éditeur, et devenir exploitant de ses propres solutions.

En tout état de cause, ces nouveautés doivent être interprétés par les PME suisses comme un signal fort. Tout simplement parce que Microsoft dispose de la puissance pour faire basculer tout un marché. Et aussi parce qu’elle vise depuis toujours le segment des PME, où elle dispose d’un écosystème de partenaires bien ancré. Le déploiement des infrastructures Microsoft en Suisse depuis 18 mois, et l’arrivée d’AWS sur le sol helvète en 2022 renforcent évidemment ces signaux.

Les efforts Marketing seront donc à n’en pas douter orientés dans ce sens dans les mois qui viennent. A vous de voir alors si vous serez précurseur ou suiveur. En ce qui nous concerne, la question ne se pose plus.

Emmanuel Dardaine

emmanuel dardaine expert cloud